Rentrée Littéraire 2012

Littérature Française

Littérature Étrangère

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Résumé

Camelia et sa mère vivent en Angleterre, à Leeds, lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Depuis la mort brutale du père, les deux femmes se sont enfermées dans un mutisme absolu, ne communiquant que par un alphabet de regards. Coupées du monde, elles s’adonnent à d’étranges lubies : Camelia récupère dans les poubelles des vêtements neufs qui semblent l’œuvre d’un couturier fou, sur lesquels elle s’acharne, armée de ciseaux, pour les « croiser » avec les siens, créant ainsi d’extravagants hybrides, tandis que sa mère photographie des trous en tout genre. Un jour, Camelia fait la connaissance de Wen, un jeune Chinois qui tient une boutique de vêtements avec son frère cadet, Jimmy. Wen la persuade de recommencer ses études de chinois. Les idéogrammes qu’elle dessine et leurs clefs parviennent miraculeusement à insuffler un peu de beauté dans sa vie : Camelia retrouve ainsi l’usage des mots, le goût du sens, et l’amour. Mais Wen la repousse tandis que Jimmy s’attache à elle...
Roman coup de poing, cynique, drôle et noir, servi par une écriture neuve, incisive et poétique, qui décrit efficacement la rébellion de la narratrice et son instinct effréné de survie.

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ISBN 978-2-02-105743-0
240 pages. 18,5 €
En librairie le 23 août

Citation

« Vous pensez sûrement que Christopher Road est la dernière rue pouvant servir de décor à un roman, pis, à l’histoire de sa propre vie, et pourtant en la regardant maintenant sur la page, je m’y vois avec netteté, comme sur une photo de classe.
C’est moi, la fille au grand nez et aux longs cheveux noirs, au teint très pâle ; non, plus à droite, je dis la fille à la frange et aux yeux verts, vous me voyez, oui ou non ? La fille qui regarde à l’intérieur de la poubelle, oui, celle-ci. Je vous en donnerai, de l’histoire de ma vie ! Ma vie n’a pas d’histoire, elle a des déboires, ça oui, mais pas d’histoire. Ma vie a, à la place des histoires, de profonds cratères remplis de sable, comme ceux de la lune, ces cratères qu’on confond, enfant, avec des yeux, un nez, une bouche. »

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Viola Di Grado

Traduit de l’italien par :

Nathalie Bauer

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Autobiographie des objets

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Résumé

François Bon a grandi tout près de l’Océan, en Vendée, dans une zone rurale tout autant tournée vers la mer que vers la terre. Deux mondes qui s’opposent : les grands-parents paternels et le garage familial, les grands-parents maternels, anciens instituteurs, par lesquels viendront les livres. Du milieu des années cinquante aux années quatre-vingt, on passe d’un monde essentiellement rural à une société de technologie, et François Bon suit les traces de cette mutation à travers le prisme des objets : choses désirées de l’enfance (un miroir de poche, une cordelette en nylon) ou utiles (porte-bébé, fer à souder), objets indispensables (voitures, machines à écrire, ordinateurs) ou porteurs de rêves (les livres en première place bien sûr, mais les guitares aussi), ceux que l’on se transmet (l’étau du grand-père), ceux de métier (règle à calcul), et tant d’autres dont la valeur est décrite avec clarté et pudeur. La vie de ces objets finit par dresser un portrait en mosaïque de l’auteur, à la fois sobre et poignant, qui dit entre autres ce qu’est la France modeste, voire pauvre.

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ISBN 978-2-02-108839-7
En librairie le 23 août
288 pages. 19 €

Citation

« C’était derrière la porte du placard de la cuisine. On procédait à la mesure deux fois par an, printemps et automne, et les marques étaient faites au crayon de charpentier.
Le crayon de charpentier était d’utilisation courante dans toutes les professions. Large et ovale, la mine elle-même était beaucoup plus solide que celle des crayons ordinaires. Deux mines, une à chaque extrémité, une bleue et l’autre rouge, le crayon peint à ces deux couleurs, et même quand, usé au bout, il était devenu minuscule, le point de partage restait au milieu. Une mine grasse et large, qui s’accrochait à toutes surfaces, bois, métal, carton, plâtre.
Tour à tour, donc, mon frère et moi, on nous plaçait sur le dessus du crâne un livre pour être sûr de la projection perpendiculaire, il fallait arrêter de bouger comme plus tard à la radiographie, ne respirez plus. Et lorsqu’on allait dans le placard chercher une casserole (j’y revois aussi le compteur d’électricité, et ce qui n’était pas encore des fusibles mais les plombs), on contemplait soi-même sa hauteur. »

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François Bon
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Chaos brûlant

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Résumé

Chaos brûlant, c’est la chronique de la démesure sexuelle, médiatique, politique et financière du monde moderne, telle qu’elle éclata dans toute sa virulence au cours de l’invraisemblable été 2011.
Cette démence universelle, dont l’affaire DSK est l’un des révélateurs, il était logique de l’envisager depuis le cœur du Manhattan Psychiatric Center, à New York, où quelques fous surdoués, devisant devant la télévision, YouTube, ou Twitter, commentent avec une joie cruelle les faits les plus délirants de cette période.
Qui sont-ils ? Le narrateur schizophrène, d’abord, surnommé « Sac d’Os », qui porte un squelette tatoué sur tout le corps. Son ami psychotique « Luc Ifer », qui adopte, face à l’humanité se ruant à sa perte, le cynisme suraigu de Satan. Et puis « Karl Marx », le meilleur juge de la mutation moderne de la Finance ; « Franz Kafka », qui sait tout sur la possession mystique des êtres ; « Sigmund Freud », au scalpel duquel aucune âme ne résiste ; « Antonin Artaud », jugeant en connaisseur les sortilèges qui font, à quelques marionnettes ultra-célèbres, gesticuler leur gigue grotesque au-dessus du dévorant brasier de l’époque.

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ISBN 978-2-02-109153-3
444 pages. 21 €
En librairie le 23 août

Citation

Ce n’est qu’une question d’heures. Je ne suis pas pressé, j’ai tout mon temps. Cela fait longtemps que je suis passé de l’autre côté du Temps. Pas d’avant ni d’après dans mon cerveau en fusion.
Ce ne sera pas la première fois que Goneril invente à mes dépens une histoire de viol. Ou de coups. Ou de vol. Sans beaucoup la croire, les flics doivent suivre la procédure. Ils me gardent ici, à Harlem, le temps d’amener cette dingue à l’hôpital et qu’un gynécologue l’examine avant d’infirmer, comme à chaque fois, ses accusations. Regardez-moi ! Je suis si peu sexuel, comment pourrais-je violenter qui que ce soit ! Ma carcasse malingre, mon cœur atrophié, mon âme calcinée sont expurgés de toute libido.
> Dès l’enfance on m’a vidangé les sentiments, dénoyauté les pulsions. Étripé par la misère, raclé par le malheur, non seulement je n’ai jamais violé personne mais c’est le monde entier qui jour après jour pénètre en moi. Mon corps est une caisse de résonance hypersensible, et rien de ce qui émane des autres âmes ne m’est étranger.
Appelez-moi Sac d’Os.
Je suis celui qui lit dans vos pensées.

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Stéphane Zagdanski
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Citoyen Park

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Résumé

Le Kamcha du Nord ressemble étrangement à la Corée du Nord. Et le jeune Park Jung-wan, copie conforme de Kim Jong-il, comprend très tôt qu’il vaut mieux oublier ses réels souvenirs d’enfance et croire à la légende officielle que son père lui propose, celle du héros de l’indépendance. D’ailleurs, l’histoire est belle, et il va décider d’en tirer parti.
Il est l’héritier d’une entreprise familiale, le régime dictatorial, et il se prépare à diriger le pays comme on dirige un film : un studio de cinéma gigantesque avec vingt-quatre millions de figurants qui n’ont pas d’autre choix que d’obéir aux ordres. Il est de fait leur héros intrépide, ils sont ses fans, il les soumet à coups de trique et de purge, ou de rêves factices. Tandis que le pays sombre dans la famine, que le communisme s’affaiblit, que le mur de Berlin tombe, Park Jung-wan, hanté par son père, se débat dans sa folie narcissique et dans son délire hollywoodien. Ou comment le plus sinistre des régimes peut se transformer en une fiction hallucinante et drôle parfois, avec un roman familial qui devient un outil de propagande et de construction du pouvoir.

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ISBN 978-2-02-105954-0
492 pages. 21 €
En librairie le 23 août

Citation

« Il déplace l’air quand il avance vers la tribune, plus d’air pourtant que ne déplace un corps d’une hauteur d’un mètre soixante-quatre. Surélevé en bas par des chaussures compensées, surélevé en haut par une coiffure Pompadour qui en tout font gagner une vingtaine de centimètres. C’est donc un grand homme qui s’avance, le regard derrière ses lunettes carrées. Du moins le croit-il car personne n’est dupe, même si tout le monde est obligé de faire semblant de l’être. Et cela il n’en est pas dupe non plus mais ce n’est pas la réalité qui compte.

C’est la surface qui importe, la surface des choses devenue son activité principale. Ce à quoi chacun a décidé de croire.

Comme on croit dans un film que King Kong est un vrai monstre néfaste. Comme on croit dans un soap-opéra que ce qui brille est de l’or massif. Que les acteurs sont des vraies personnes à qui il arrive des vrais événements. Le principe d’une fiction. »

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Charly Delwart
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Géographie de la bêtise

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Résumé

Lorsque Pierrot décide de fonder un « village des idiots » où lui et ses semblables pourront vivre en paix, sans plus avoir à souffrir d’ostracisme, il ignore qu’ils seront si nombreux à le rejoindre. Bastien, le narrateur, 22 ans, fait partie des dizaines d’appelés que Pierrot va réunir, au terme d’un Tour de France ébouriffant. Mais leur bonheur fait des envieux et, bientôt, ce Paradis terrestre miniature finit par attirer des hommes et des femmes qui n’ont rien à y faire. Des malheureux, pour la plupart, qui tentent d’y être admis en jouant les imbéciles. Face à cette menace, Pierrot impose désormais à chaque nouvel arrivant un examen très spécial, un test de QI inversé, diablement efficace, mais que Bastien trafiquera afin que puisse entrer au village et dans sa vie Elisa, une jeune femme dont il est tombé amoureux.
Porté par un style acéré, Géographie de la bêtise est un roman sur le Paradis impossible, une fable sur l’exclusion, sur tous ceux qui, loin d’être des « idiots », sont juste incapables de vivre comme les autres, de « faire leur vie ».

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ISBN 978-2-02-107383-6
228 pages. 17 €
En librairie le 23 août

Citation

Survivre était ce que l’idiot pouvait espérer de mieux. Oui, c’était ce à quoi se réduisaient les aspirations des moins malins du pays. À Pierrot, cet écrasement des rêves des plus faibles d’esprit, ça ne lui plaisait pas du tout. Même, ça le foutait carrément en boule.
Parce que, si vous n’y preniez pas garde, votre acte de naissance s’évaporait et c’était comme si vous n’aviez jamais vu le jour.
Pierrot, qu’on cherche à le gommer comme une petite chiure de mouche sur la copie vingt sur vingt de cette sale société, ça lui donnait des envies de révolution. Si vous n’y prêtiez pas attention, votre nom sur les listes électorales s’effaçait de lui-même, abracadabra pouf !, et vous n’aviez plus votre mot à dire quant à l’avenir de votre nation.
Pierrot, qu’on veuille ainsi lui museler l’opinion, ça lui donnait des désirs de destruction massive.
Pierrot, les armées qu’il levait la nuit sous ses draps, à l’intérieur même de ses rêves boursouflés d’émeutes et d’insurrections, mouillés de la sueur des braves, eh bien ces armées-là vous transfiguraient le monde comme un gigantesque masque désincrustant.

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Max Monnehay
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Infidèles

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Résumé

Slima est une prostituée marocaine. Son fils Jallal est très attaché à elle. Il l’aide à attraper les hommes, les clients, les soldats d’une base militaire. Il parle et se bat à sa place. Ensemble, ils découvrent à la télévision Marilyn Monroe, en tombent amoureux et en font leur déesse protectrice. Des années 80 à aujourd’hui, nous suivons leurs deux destins en parallèle, de la ville de Salé jusqu’au Caire, de Bruxelles à Casablanca. Purs et impurs, cette mère et son fils réinventent continuellement le sens profond de leur vie mouvementée et de leur attachement pour le Maroc, fait d’amour et de haine. Étape après étape, ils redécouvrent leur religion, l’islam, et la vivent d’une manière inédite. Ils iront jusqu’au bout de cette voie. La tombe du prophète Mohamed à Médine pour elle. L’explosion sublime pour lui. C’est un roman violent et profond qui prend à revers aussi bien l’islam dogmatique que l’incompréhension que suscite l’islam en Occident. Il devrait rencontrer un grand écho : on s’approche au plus près, au-delà du politique, de ce qui secoue les peuples arabes aujourd’hui.

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ISBN 978-2-02-108468-9
192 pages. 16.5 €
En librairie le 23 août

Citation

« Personne ne viendra, maman. Tu le sais, maman. C’est trop tard. Ou bien trop tôt. Ils ne viennent plus ici, les hommes. Tu le sais. N’est-ce pas que tu le sais ? N’insiste pas. Je ne veux plus. Je ne veux plus de ce rituel. On attend depuis très longtemps. C’est fini. La dernière fois, on est tombés sur un monstre. Il voulait me manger. Il m’a fait des choses bizarres. Je te l’ai dit. Tu t’en souviens ? Non ? Vraiment ? Allez, viens, on rentre. On rentre, maman… Les rues sont désertes, personne ne nous verra, ne nous insultera, ne nous jettera des pierres. Et si on crache sur toi, je me battrai pour toi. Je te défendrai. Je ne m’enfuirai pas. J’ai grandi. J’ai appris à cracher sur les gens moi aussi. Tout au fond de moi, je n’oublie rien. Je ne cherche pas le mal, mais si on me regarde avec des yeux mauvais, des yeux qui jettent des sorts, je sais désormais quoi faire. Je crache. Je fais face. Je ne baisse pas les yeux. J’affronte. Je crache sur tout ce monde qui nous méprise. »

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Abdellah Taïa
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Je vais passer pour un vieux con

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Résumé

« Je vais passer pour un vieux con », « Quand on est dedans, elle est bonne », « Je vais relire Proust », « Les mots sont dérisoires »… Oui, dérisoires, les mots le sont sans doute : banalités lancées sans même y penser, petites phrases toutes faites qui viennent combler les trous de nos discours automatiques. Et pourtant, comme elles disent de nous – de nos faiblesses, de nos suffisances, de nos complicités, tous ces révélateurs de notre comédie humaine. Admirateur de Saint-Simon et de Proust, Philippe Delerm se plaît, comme eux, à poser le doigt sur les travers de ses contemporains, sur les détails dont on fait un monde. Lecteur de Jules Renard (particulièrement de son Journal) et La Bruyère, il a le goût des portraits et des petites phrases qui dévoilent l’esprit d’une époque. On connaissait Delerm observateur, promeneur amusé ou nostalgique. On le découvre parfois acide, drôle, emporté. Les mots sont pour lui une affaire sérieuse. Au fond, rien n’est jamais dérisoire.

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ISBN 978-2-02-105649-5
144 pages. 14,5 €
En librairie le 13 septembre

Citation

« Dans la liste des précautions oratoires, celle-ci occupe une place à part. […] Elle souhaite jouer la surprise par sa forme, une vulgarité appuyée qui aurait pour mission de gommer à l’avance le pire des soupçons : une pensée réactionnaire. L’interlocuteur ne doit pas se récrier avant la remarque promise. Mais une petite réticence aux commissures des lèvres signifiant “Toi, passer pour un vieux con !?”semble bienvenue. Elle était espérée. […] Car oui, à vingt-cinq ou trente ans, avec la séduction physique, l’écharpe au vent, la chevelure folle, on peut tenter de donner un petit coup de canif dans le politiquement correct, et même envisager de provoquer la concession, voire l’assentiment. Après, cela devient plus périlleux, et bientôt suicidaire. La seule habitude de faire précéder ses réflexions d’une précaution oratoire a déjà quelque chose de rédhibitoire. Inutile de révéler soi-même en sus le prix sur l’étiquette. On passera pour un vieux con. »

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Philippe Delerm
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Le Bruit des choses qui tombent

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Résumé

À quarante ans, Antonio Yammara dresse le bilan de sa vie et revient sur sa relation, brève mais lourde de conséquences, avec Ricardo Laverde, un homme laconique et secret qu’il a autrefois fréquenté dans une salle de billard de Bogotá. Un soir, alors qu’ils marchent dans la rue, deux hommes à moto abattent Laverde et blessent grièvement Antonio. Traumatisé, ce dernier voit son rapport au monde se détériorer chaque jour davantage malgré l’amour qu’il porte aux siens. Deux ans après l’attentat, un appel téléphonique d’une jeune femme, Maya, qui se présente comme la fille de Laverde, le décide à affronter l’énigme de cette mort et sa propre angoisse. Ensemble, Antonio et Maya remontent alors le fil du passé et de la mémoire jusqu’aux années 1970, où l’un et l’autre ont grandi dans l’ombre du commerce mortifère de la drogue qui a mené la Colombie au bord de l’abîme.
À travers une double histoire d’amour, la prose lumineuse et sereine de Juan Gabriel Vásquez aborde le problème des traces laissées par l’Histoire dans la psyché d’une génération de fils contraints de payer pour les crimes de leurs pères.

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ISBN 978-2-02-098501-7
304 pages. 20 €
En librairie le 23 août

Citation

« Enfoncé dans mon hamac, je me suis enveloppé dans le tissu qui sentait l’humidité et la vieille sueur, celle des hommes et des femmes qui s’y étaient allongés après avoir nagé dans la piscine ou travaillé dans la propriété. Je ne voyais plus Maya Fritts.
“Si je vous raconte ce que vous voulez savoir, lui ai-je dit, vous me direz vous aussi des choses ?”
J’ai songé tout à coup à mon carnet vierge, au point d’interrogation solitaire et perdu, et quelques mots se sont ébauchés dans ma tête : Je veux savoir. Maya n’a pas répondu, mais dans la pénombre je l’ai vue s’enfoncer dans son hamac comme je venais de le faire dans le mien. Je n’avais besoin de rien d’autre. Alors je lui ai dit tout ce que je savais et tout ce que je croyais savoir, tout ce que je me rappelais et tout ce que je craignais d’avoir oublié, tout ce que Laverde m’avait raconté et tout ce que j’avais découvert après sa mort, et nous sommes restés sur la terrasse jusqu’au lever du jour, chacun enveloppé dans son hamac, scrutant le plafond où volaient les chauves-souris, peuplant de mots le silence de la nuit chaude, sans jamais nous regarder, comme un curé et un pénitent dans le sacrement d’une confession. »

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Juan Gabriel Vàsquez

Traduit de l’espagnol (Colombie) par

Isabelle Gugnon

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Le monde à l'endroit

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Résumé

Travis Shelton, 17 ans, tombe sur une plantation clandestine de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C’est un jeu d’enfant de couper quelques plants et de les charger sur son pick-up. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétaire du champ qui lui sectionne le tendon d’Achille, histoire de lui donner une leçon.
Mais ce ne sera pas la seule de cet été-là : en conflit ouvert avec son père, Travis déserte le toit familial et trouve refuge dans le mobile home de Leonard, un ancien prof devenu dealer qui va lui servir de mentor. L’occasion pour lui de découvrir les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la guerre de Sécession. Confronté aux ombres du passé, Travis va devoir également affronter les épreuves du présent.
Tous les lecteurs de Ron Rash en conviennent : c’est un poète, dont la prose est avant tout empreinte de poésie, et un ardent défenseur de sa terre. « Le paysage est le destin. »

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IISBN 978-2-02-108174-9
288 pages. 19,5 €
En librairie le 23 août

Citation

« Vous avez beaucoup de livres, dit-il, en montrant les rayonnages d’un signe de tête. – Ça m’empêche d’être ignorant.
– J’ai connu plein de profs qu’avaient rien dans le crâne. Ils savaient même pas changer un pneu à leur bagnole. » Leonard se laissa aller encore un peu plus dans le fauteuil.
« Bêtise et ignorance, cela n’a rien à voir. On ne peut pas guérir quelqu’un de sa bêtise. Quelqu’un comme toi, qui est simplement ignorant, il se pourrait qu’il y ait de l’espoir.
– Qu’est-ce qui vous fait dire que je suis ignorant ?
– Ton tee-shirt, là, par exemple. Si tu l’avais porté ici dans les années 1860, il aurait pu te faire tuer, et qui plus est par tes proches. »
Travis n’avait bu que la moitié de sa bière, mais les paroles de Leonard étaient aussi difficiles à saisir que de minces volutes de brouillard bas.
« Vous voulez me dire par là que ma famille c’était des Yankees ?
– Non, du moins pas au sens géographique. Mais elle ne voyait pas pourquoi elle se serait rangée du côté des propriétaires d’esclaves… »

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Ron Rash
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Le Terroriste noir

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Résumé

Tout commence en lisière de la forêt des Vosges, un jour de 1940, quand un père et son fils partis cueillir des champignons tombent par hasard sur un « pauvre nègre » endormi au pied des arbres. Conduit au village, ce jeune Guinéen adopté en France à l’âge de 13 ans, à la fois austère et charmeur, y fera sensation. Il saura enflammer les cœurs, s’attirer des protections. Mais ce n’est qu’un début : en 1942, il entre en contact avec la Résistance et crée un des premiers maquis de la région. Lancés sur ses traces, les Allemands l’appelleront « le terroriste noir ».
Qui a trahi Addi Bâ ? Une de ses nombreuses amantes ? Un collabo professionnel ? Ou tout simplement la rivalité opposant deux familles aux haines séculaires ? À travers cette figure fascinante, c’est tout un pan méconnu de notre histoire qui défile : ceux que l’on appelait les tirailleurs sénégalais. C’est aussi la vie quotidienne de la population des Vosges, évoquée par Tierno Monénembo avec une verve irrésistible… comme s’il s’agissait d’un village africain..

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ISBN 978-2-02-098669-4
228 pages. 17 €
En librairie le 23 août

Citation

Vous a-t-on dit qu’avant son arrivée à Romaincourt, personne n’avait jamais vu de nègre, à part le colonel qui savait tout du cœur de l’Afrique et du ventre de l’Orient ? Non, vraiment ? Vous avez tout de même entendu parler du bastringue que cela faisait en ces années-là à cause des Boches, des Ritals, des Bolcheviques, des Ingliches, des Yankees, et de tas d’autres gens qui, tous, en voulaient à la France, et avaient décidé, allez savoir pourquoi, de mettre l’univers sens dessus dessous rien que pour l’emmerder ? Le fatras, Monsieur, le grand caillon, comme cela se dit chez nous ! Des morceaux de Lorraine en Prusse, la Lettonie accolée au Siam, des éclats de Tchécoslovaquie partout, des Kanaks sur la banquise, des Lapons près de l’Équateur, et lui, ici, dans ce trou perdu des Vosges, dont il n’entendit prononcer le nom que plusieurs mois après qu’on l’eut découvert gisant, à demi-mort, à l’orée du bois de Chenois.

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Tierno Monénembo
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Peste & Choléra

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Résumé

Quand Louis Pasteur expérimente le vaccin contre la rage, il ouvre de nouvelles et formidables perspectives à la biologie et à la médecine. Il chargera plus tard ses disciples de prolonger ses recherches à travers le monde. Les jeunes pasteuriens partent pour de longs périples, et ce roman est nourri de leurs correspondances déposées à l’Institut Pasteur. Parmi eux, Alexandre Yersin, d’origine suisse, naturalisé français pour les besoins de la science, qui se forme sur le tas et part très vite en Indochine, à Dalat puis à Nha Trang où il passera le plus clair de sa vie, loin du brouhaha parisien et des fracas guerriers. Il multiplie là-bas les observations épidémiologiques mais aussi bien géographiques ou météorologiques. Il développe l’élevage, cultive l’hévéa et l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943, conscient que son nom n’aura pas la même gloire posthume que son maître et demeurera essentiellement attaché à la découverte du bacille de la peste à Hong Kong en 1894.
C’est cette formidable aventure scientifique et humaine que raconte Patrick Deville en croisant les périodes et les personnages autour de la fascinante figure de Yersin.

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ISBN 978-2-02-107720-9
228 pages. 18,5 €
En librairie le 23 août

Citation

« À la lecture de tels courriers, Fanny, assise dans le petit salon fleuri de la Maison des Figuiers, est un peu désappointée. Quelque chose cloche. En bon orphelin, Yersin a comblé tous ses désirs de mère. Il est devenu médecin. Mon fils est docteur, disent les mères. Et celui-là plus encore. Un savant. Il travaille avec Pasteur. Elle dit Son bras droit. Maintenant ça suffit. Qu’il rentre à Morges auprès d’elle et vive auréolé, ouvre un cabinet au bord du Lac et visse sa plaque. Elle est inquiète, Fanny. Les mères le sont toujours. Peut-être un vaisseau dans la tête qui ne va pas. Comme son père. On a vu le résultat. Ce fils est insatiable. Que va-t-il encore inventer. Il veut partir chez les sauvages. Comme si les Français ça n’était pas assez. Elle relit la lettre qu’elle vient de recevoir. “Je ne serais pas fâché de quitter Paris car le théâtre m’ennuie, le beau monde me fait horreur, et ce n’est pas une vie que de ne pas bouger.” »

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Patrick Deville
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Ville des anges

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Résumé

Los Angeles, la ville des anges. La narratrice doit y séjourner neuf mois, au début des années quatre-vingt-dix, après avoir obtenu une bourse de recherche. Il s’agit pour elle de percer un secret : dans quel but Emma, sa chère amie, lui a-t-elle remis avant de mourir une liasse de lettres qu’une certaine L., allemande comme elle mais émigrée aux États-Unis, lui avait écrites ?
À la recherche de L. dans la ville des anges, donc. Là où trouvèrent refuge nombre d’émigrés allemands fuyant le nazisme.
Brecht, Thomas Mann. Là où Christa Wolf elle-même s’installa deux ans après la réunification de l’Allemagne pour se protéger des incriminations qu’eurent alors à subir nombre de ceux qui étaient nés de l’autre côté du Mur.
La découverte de l’Amérique, anges et enfers, au moment même où l’Histoire ne laisse plus le choix et vous contraint à entreprendre un douloureux travail sur soi que l’éloignement permet enfin.

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ISBN 978-2-02-104101-9
560 pages. 22,5 €
En librairie le 6 septembre

Citation

«TOMBER DES NUES ce fut l’expression qui me vint à l’esprit lorsque j’ai atterri à L.A. et que les passagers du jet ont applaudi pour remercier le pilote qui avait survolé l’océan avec son appareil, s’était rapproché du Nouveau Monde par la mer, avait longtemps tourné au-dessus des lumières de la gigantesque cité et venait de se poser en douceur. Je me souviens encore que je me suis promise de convoquer plus tard cette expression, le jour où j’écrirais sur l’atterrissage et le séjour au bord de ce rivage étranger qui s’étendait devant moi : c'est-à-dire maintenant. Je ne pouvais prévoir que s’écouleraient tant d’années de tentatives acharnées pour m’approcher à tâtons des phrases qui succéderaient à celle-ci. Je me suis promise de m’imprégner de tout, de chaque détail, pour plus tard. Comment mon passeport bleu attira l’attention de l’officier rouquin à l’allure sportive qui contrôlait très attentivement les papiers des voyageurs, il le feuilleta longuement, examina chaque visa, relut plusieurs fois l’invitation du CENTER, sous la protection duquel j’allais passer les mois à venir, avant finalement de diriger sur moi son regard bleu glacé : Germany ? – Yes. East Germany. »

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Christa Wolf

Traduit de l’espagnol (Colombie) par

Alain Lance

Renate Lance-Otterbein

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François Bon

© Hermance Triay

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Biographie

Né en 1953, François Bon construit depuis vingt-cinq ans une œuvre littéraire cohérente et forte. Il anime par ailleurs un blog (www.tierslivre.net), est le fondateur de la maison d’édition www.publie.net et de la revue www.remue.net.

Bibliographie sélective

Sortie d’usine, Minuit, 1982

Un fait divers, Minuit, 1993

Mécanique, Verdier, 2001

Rolling Stones. Une biographie, Fayard, 2002 ; Le Livre de poche, 2011

Daewoo, Fayard, 2004 ; Le Livre de poche, 2006

Après le livre, Seuil, 2011

Autobiographie des objets
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Abdellah Taïa

© Hermance Triay

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Biographie

Abdellah Taïa a publié sept romans chez Séguier et au Seuil et son œuvre est traduite en huit langues. Par ses livres et ses prises de position publiques, à visage découvert pour défendre l’homosexualité et la liberté des personnes dans son pays, il est devenu une sorte d’icône au Maroc et dans les pays musulmans, violemment attaqué par les islamistes et encensé par les jeunes et les modernistes.

Bibliographie sélective

Mon Maroc, Séguier, 2000

Le Rouge du Tarbouche, Séguier, 2004

L’Armée du Salut, Seuil, 2006 et « Points » no P1880

Maroc, 1900-1960. Un certain regard (avec Frédéric Mitterrand), Actes Sud/ Malika Éditions, 2007

Une mélancolie arabe, Seuil, 2008 et « Points » no P2521

Lettres à un jeune Marocain, Seuil, 2009

Le Jour du Roi, Seuil, 2010 et « Points » no P2666

Infidèles
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Charly Delwart

© Hermance Triay

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Biographie

Charly Delwart est né à Bruxelles en 1975. Il vit entre la Belgique et Paris où il travaille dans le cinéma. Citoyen Park est son troisième livre..

Bibliographie sélective

Circuit, Seuil, « Fiction & Cie », 2007

L’homme de profil même de face, Seuil, « Fiction & Cie », 2010

Citoyen Park
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Christa Wolf

© Ulf Andersen

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Biographie

Née en 1929 en Prusse, Christa Wolf est l’un des plus grands écrivains de langue allemande. Son œuvre, traduite dans le monde entier, a été largement distinguée en Allemagne par les prix les plus prestigieux : prix National de la RDA, prix Büchner, prix Thomas Mann et prix Uwe Johnson, parmi d’autres. Elle est décédée le 1er décembre 2011.

Bibliographie sélective

Cassandre. Les prémisses et le récit, essai, Alinéa, 1985 et Stock, 1994 et 2003

Trame d’enfance, journaux, Alinéa, 1987 et Stock 2009

Ce qui reste, journaux, Alinéa, 1990 et Stock, 1993

Médée, roman, Fayard, 1997 et Stock, 2001

Ville des anges
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Juan Gabriel VÁSQUEZ

© Peter Drubin

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Biographie

Né à Bogotá en 1973, Juan Gabriel Vásquez est l’auteur d’un livre de nouvelles, d’une biographie de Joseph Conrad, d’un essai sur la littérature et de trois romans plusieurs fois primés et immédiatement publiés dans de nombreux pays. Traducteur de Victor Hugo, de John Dos Passos et de E. M. Forster, il a reçu en 2011 le prix Alfaguara. Depuis 1999, il vit à Barcelone.

Bibliographie sélective

Les Dénonciateurs, roman, Actes Sud, 2008

Histoire secrète du Costaguana, roman, Seuil, 20104

Les Amants de la Toussaint, nouvelles, Seuil, 2011

Le bruit des choses qui tombent
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Max Monnehay

© Hermance Triay

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Biographie

Max Monnehay est née en 1980. Géographie de la bêtise est son deuxième roman.

Bibliographie sélective

Corpus Christine, Albin Michel, 2006 (prix du Premier roman).

Géographie de la bêtise
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Patrick Deville

© Hermance Triay

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Biographie

Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville, né en 1957, dirige la Maison des écrivains étrangers et traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire. Son œuvre a été traduite en une dizaine de langues.

Bibliographie sélective

D’abord édité aux Éditions de Minuit, Patrick Deville a écrit une dizaine de titres dont dernièrement au Seuil, une trilogie composée de Pura Vida. Vie & mort de William Walker, Seuil, « Fiction & Cie », 2004 et « Points » no P2165, Équatoria Seuil, « Fiction & Cie », 2009, Kampuchéa, Seuil, « Fiction & Cie », 2011 (prix Nomad’s 2012).

Peste & Choléra
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Philippe Delerm

© Hermance Triay

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Biographie

Né en 1950 à Auvers-sur-Oise, Philippe Delerm vit aujourd’hui en Normandie. Il a reçu le prix des Libraires en 1997 pour Sundborn ou Les Jours de lumière.

Bibliographie sélective

La Cinquième Saison, Le Rocher, 1983

Sundborn ou Les Jours de lumière, Le Rocher, 1996

La Première Gorgée de bière, Gallimard, 1997

La Bulle de Tiepolo, Gallimard, 2005

Ma grand-mère avait les mêmes, Points, 2008

Le Trottoir au soleil, Gallimard, 2011

Je vais passer pour un vieux con
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Ron Rash

© Mark Haskett

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Biographie

Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de quatre recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires – Sherwood Anderson Prize, O. Henry Prize, James Still Award, Novello Literary Award, Frank O’Connor Award. Il est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University.

Bibliographie sélective

Un pied au Paradis, roman, Éditions du Masque, 2009 et Le Livre de Poche, 2011

Serena, roman, Éditions du Masque, 2011, Le Livre de Poche, à paraître

Le monde à l'endroit
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Stéphane Zagdanski

© Hermance Triay

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Biographie

Stéphane Zagdanski est né à Paris en 1963. Il est l’auteur d’une quinzaine de romans et d’essais.

Bibliographie sélective

Les Intérêts du temps, Gallimard, 1996

Miroir amer, Gallimard, 1999

Pauvre de Gaulle !, Pauvert, 2000

La Mort dans l’œil, Maren Sell Éditeurs, 2004

Debord ou La Diffraction du temps, Gallimard, 2008

Chaos brûlant
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Tierno Monénembo

© Justin Morel Jr

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Biographie

Né en Guinée en 1947, Tierno Monénembo a reçu le prix Renaudot pour son dernier roman, Le Roi de Kahel (2008). Son œuvre, comprenant une dizaine d’ouvrages principalement ancrés dans l’histoire du pays peul, est une des plus importantes de la littérature africaine d’aujourd’hui.

Bibliographie sélective

Les Crapauds-brousse, Seuil, 1979

Les Écailles du ciel, Seuil, 1986

Pelourinho, Seuil, 1995

L’Aîné des orphelins, Seuil, 2000

Peuls, Seuil, 2004

Le Roi de Kahel, Seuil, 2008

Le terroriste noir
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Viola Di Grado

© Francesco Ruggeri

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Biographie

Née à Catane en Sicile, Viola Di Grado a 24 ans et vit à Londres, où elle étudie la philosophie orientale. Avec 70 % acrylique 30 % laine, elle a fait une entrée très remarquée dans le monde des lettres, qui l’a surnommée l’« Amélie Nothomb italienne ». Ce premier roman lui a valu de nombreux prix, dont le prestigieux Campiello Opera Prima, et va être traduit en plusieurs langues.

70% Acrylique 30% Laine